démarche pour faire baptiser mon enfant - Paroisse de Sainte Julienne, Lanaudière, Québec
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Les enfants et le combat admirable de leur foi.


On voit des enfants et des adolescents dans les autobus du matin ou du soir, et dans les parcs sur l'heure du midi. Ils sont aussi dehors, le soir venu dans les rues. On peut aussi les côtoyer à l'Église, le dimanche, à la catéchèse. Hélas, je ne vois pas beaucoup de gens les saluer. Les adultes ignorent ceux qui ne sont pas membres de leurs réseaux

La méfiance réciproque est un effet pernicieux du monde moderne. L'Église est la seule force capable de contrer cet hyper égocentrisme. Elle doit relancer l'appel à la communion des c¦urs. Les jeunes enfants l'espèrent et ils peuvent préparer la nouvelle évangélisation et la nouvelle communion. Ce que nous n'avons pas su faire.

Minime a 13 ans. Il pleure souvent. Il est myope, timide, renfermé. Il se juge rejeté par tous à tort, parce qu'on le surnomme «les dents de la mer». Il porte, en effet, un appareil de correction dentaire qui lui donne une apparence «carnivore». Bonne raison pour ne jamais sourire. Peut-on lui reprocher de ne pas aimer son école secondaire? L'an dernier, ayant fais circuler une pétition contre l'abolition des cours d'enseignement religieux, Minime, à ma grande surprise, fut le premier à me ramener le formulaire de la pétition remplie par tous les membres de sa famille. Il s'en était personnellement occupé. Il me dit alors:_c'est important l'enseignement religieux quand on veut vivre! J'ai vu le Christ glorieux en lui alors qu'il esquissait un large sourire chargé d'un corset dental de fils de métal. Minime est un choisi de Dieu. P., 13 ans, venait fidèlement chaque jeudi aux répétitions de la pièce de théâtre «Les Santons de Provence»

[1]. Il n'en manquait pas une. Il avait un rôle principal, Joseph. Il venait à pied de chez lui, deux kilomètres dans la neige, en mauvais souliers. Le soir de la générale, la jeune troupe était sous le choc, Pascal ne viendra pas. Il était à l'urgence, blessé. Une altercation avec un surveillant avait mal tournée. Insubordination, trafic, violence? On ne sait trop les vraies causes. Les jeunes disaient qu'ils étaient douze contre lui pour maîtriser sa révolte. On l'a enfermé dans un local et il a tout cassé de rage. Les jeunes ont accepté de prier pour lui avant de répéter. Ils ont promis de le soutenir et de l'accompagner, puisque les autorités de son école semblaient incapables de le faire. La pièce n'a jamais été si bien jouée.

Sam et Kevin ont respectivement 13 et 15 ans. Le premier est en TC, classe de trouble de comportement, le second est encore en secondaire 1! Kevin possède des mains noires. Il monte et démonte son véhicule tout terrain. Il veut devenir mécanicien. Tous les deux rôdaient autour de l'église sous le regard inquiet du bedeau qui surveille les monuments du cimetière. 35 monuments renversés l'an dernier! Si on était un cimetière juif ou musulman, il y a longtemps que les médias nationaux en auraient parlé.

Pas normal que deux adolescents traînent en dehors de l'école à deux heures PM. Je les aborde amicalement. Ils sont craintifs. Ils me disent qu'ils avaient une heure de libre et qu'ils voulaient prier à l'Église. C'était vrai comme je l'ai vérifié par la suite. Je leur présente un maçon qui travaillait à l'église et qui les encourage. C'est un sage au regard pénétrant qui comprit tout de suite la situation. Après leur avoir expliqué ce qu'il faisait et comment il le faisait, il dit:«Quand tu travailles avec tes mains, tu es fatigué le soir, mais tu es heureux, tu sais ce que tu as fait. Quand tu travailles avec ta tête, tu es toujours malheureux, parce que tu ne vois jamais le résultat de ta peine.»

J'invitai les jeunes à dîner au presbytère. Ils vinrent, affamés, c'est normal à cet âge, mais ils n'avaient pas déjeuné. Ensuite, nous avons prié à l'église, à genoux. Ils ne savaient pas faire le signe de la croix. Ils n'avaient jamais communié. Ils étaient comme une grande éponge qui boit toute l'eau qui se présente à elle. La soif de ces enfants est immense.

À l'heure du lunch, attablé avec un directeur adjoint de l'école, R., onze ans, m'arrive avec son large sourire: «André, j'aimerais dîner avec toi». _R., le monsieur qui mange avec moi s'appelle X, il sera ton directeur l'an prochain, dis-lui bonjour et bon, alors viens vendredi. Cinq minutes plus tard, elle rapplique: «Est-ce que je peux amener mes deux amies avec moi?» _Pas de problème, et je vous offre le dessert. Deux minutes plus tard, «Est-ce que je peux amener Olivier et son ami?» _Ben oui. Deux minutes plus tard, elle revient. «Est-ce qu'on pourra visiter l'église et aller dans la boîte aux secrets?» _Ben oui, c'est ouvert tous les dimanches et sur demande. L'accès est toujours accordé.

La boîte aux secrets, c'est le confessionnal!

André Chevalier
2417 Victoria, Ste-Julienne, QC, J0K 2T0
achevalier (a) satelcom.qc.ca

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